Ne  Me  Dis  Pas  Que  Tu  m'Aimes

Prenez comme toile de fond un univers pop acidulé mis en tension avec l’univers désenchanté du groupe rock Navet Confit. Apportez-y une touche de glamour qui glisse peu à peu dans la décadence. Faites-y plonger tête première une gang de filles qui n’ont peur de rien, surtout pas du grotesque et de passer de la danse au chant habilement et en un claquement de doigts. Vue de loin, la pièce musicale de la jeune chorégraphe Geneviève Jean-Bindley aurait de quoi séduire, si elle ne misait pas tant sur la forme au détriment du fond, et parvenait à toucher au thème de la (sur)consommation sans basculer dans le divertissement pur et dur.

Il y a dans Ne me dis pas que tu m’aimes quelque chose de l’ordre du vidéoclip. La mise en scène est léchée, bien ficelée. Les présences ancrées, tout en frontalité du regard vers les spectateurs. Les voix sont justes et, point fort de la pièce, la chorégraphie rigoureuse donne lieu à de beaux unissons rappelant avec originalité la nage synchronisée.

La pièce s’ouvre sur un solo qui pose d’emblée une atmosphère légère et volontairement kitsch. Sur l’écran en fond de scène, défilent des images d’un récif où nagent des poissons exotiques alors qu’une danseuse en maillot de bain rose s’élance dans des mouvements souples et virtuoses proches du modern jazz. Entrent en scène les quatre autres interprètes, en costumes colorés et glamour. L’une, tenant un chien en peluche dans ses bras, vient se planter devant un micro à l’avant-scène. La scène bascule dans le karaoké, les paroles des chansons signées Navet Confit défilant sur l’écran en arrière-plan, interprétées tour à tour par les danseuses dans des interludes.

Le contraste entre un monde artificiel à paillettes glissant dans l’absurde et les paroles touchant à un quotidien désenchanté est une bonne idée en soi. Le hic, c’est que la provocation et le cabotinage qui teintent la mise en scène ne vont jamais assez loin pour tordre certains clichés convoqués, les filles ne restant qu’à la surface des choses. Malgré des interprètes totalement investies dans leurs rôles, on se lasse face au spectacle des filles devenant chiennes, jappant, se reniflant les unes les autres. Et cela même si une tendre bizarrerie se dégage de certaines scènes (par l’image d’un sèche-cheveux devenant objet de plaisir, celles aussi d’un étrange duel de soumission et d’une dégustation canine de chips).

Pour résumer, une écriture qui sur le plan de la forme reste bien prometteuse, mais qui du point de vue du fond reste très jeune.                                                                         Mélanie Carpentier https://www.ledevoir.com/culture/danse/547977/critique-danse-ne-me-dis-pas-que-tu-m-aimes-flotter-a-la-surface-des-choses

Avec Ne me dis pas que tu m’aimes, la chorégraphe Geneviève Jean-Bindley explore les rapports de domination et de dépendance à travers un spectacle kitsch qui mélange le karaoké et la nage synchronisée, sur des airs de Navet Confit.

Sur un grand écran, des poissons exotiques nagent dans une vidéo banale qui rappelle certains écrans de veille des années 1990. Au sol, un tapis étroit avec des motifs de vagues évoque un couloir de natation. Deux grosses chaises gonflables de piscine trônent à l’arrière. Marie-Philippe Santerre entre en scène en maillot de bain rose pour exécuter un solo plutôt physique inspiré du modern jazz où elle multiplie les jeux de pieds, les chutes au sol et les extensions. Malgré le caractère convenu de ses mouvements, il faut avouer que la soliste a une technique irréprochable. Puis, les autres danseuses viennent la rejoindre pour une chorégraphie de groupe parfaitement synchro. Chacune apparaît sur scène avec un costume coloré et du rouge à lèvres assorti. Tout le spectacle se structurera d’ailleurs autour de l’alternance de solos, où chacune des cinq danseuses est mise en valeur, et de tableaux collectifs. Dans Ne me dis pas que tu m’aimes, des objets comme un séchoir à cheveux ou un ventilateur sur pied adoptent subitement des qualités érotiques insoupçonnées avec lesquels les danseuses interagissent comme avec de véritables partenaires. Les filles se transforment en chiennes qui jappent, se reniflent, se goinfrent de chips, se pourchassent.

Tangente présentait la pièce déconcertante Ne me dis pas que tu m’aimes du 14 au 17 février dernier, à l’édifice Wilder. L’œuvre de la chorégraphe Geneviève Jean-Bindley, d’une durée de soixante minutes, nous immerge dans l’univers d’un pool party tantôt bonbon et kitsch, tantôt manifeste féministe. Cinq danseuses évoluent dans une série de tableaux éclectiques traitant de la dépendance sous toutes ses formes, tant affective, qu’alimentaire ou narcotique.

 

Le spectateur, tel un client accoudé à un tiki-bar, est témoin des prestations karaoké des interprètes qui y chantent leur mal de vivre, le regard vide et l’air désabusé. La musique de Navet Confit est partie prenante de la pièce qui prend des airs de comédie musicale déconstruite. Tour à tour les interprètes prennent le micro pour chanter ses mélodies planantes.

Défilent alors divers canons féminins, de la nageuse synchronisée à la danseuse de french cancan, pigeant ici dans la danse érotique, la claquette, le fitness. La force de Ne me dis pas que tu m’aimes se ressent dans la violence et la déconstruction des clichés. Les vêtements rappelant les girls bands, le décor de bord piscine, les visuels projetés aux allures pop et les objets du quotidien sont judicieusement utilisés pour mettre en scène ces archétypes. La trame sonore laisse parfois place à un silence éloquent, qui maintient le public seul devant le vide, la longueur, mais celui-ci semble être précisément là pour nous déstabiliser et prolonger le malaise. La sensualité et la tension omniprésente culminent dans des scènes plus intimes parfois entre la femme et l’objet ou entre les interprètes elles-mêmes.

La provocation creuse toujours un peu plus, jusqu’à la transformation des danseuses en chiennes suppliantes, image frappante de la dépendance qui nous fait perdre tout contrôle et nous ramène à notre état le plus brutal et le plus vulnérable.

https://www.lafabriquecrepue.com/2019/02/18/ne-me-dis-pas-que-tu-maimes/

Toutefois, si la chorégraphie de Jean-Bindley est pertinente et satirique, c’est la grande qualité des interprètes qui fait de Ne me dis pas que tu m’aimes une proposition forte de l’hiver 2019. Le décalage entre la nonchalance des danseuses et les paroles glauques des chansons de Navet Confit suscite un malaise bénéfique chez les spectateurs. Par ailleurs, le choix de faire appel au karaoké – et donc aux paroles qui défilent au fur et à mesure sur l’écran – oblige le public à prendre conscience de la nostalgie et de la douleur qui ressortent de plusieurs airs dont les paroles sont décapantes. Parmi les solos les plus réussis, mentionnons celui de Jacinthe Léger-Leduc, plus théâtral que les autres, où la danseuse fait semblant de pleurer pour arborer immédiatement ensuite un magnifique sourire, puis joue à prendre des poses faussement punchées pour mesurer la réaction des gens dans la salle. Le sérieux démesuré avec lequel elle s’investit dans sa chorégraphie pourtant débordante de simplicité fait sourire. C’est aussi elle qui termine le spectacle en chantant avec aisance le succès J’ai envie de te ____ mais je t’____ encore, un des rares moments de pure poésie du spectacle. 

Ne me dis pas que tu m’aimes apparaît comme une proposition originale et rafraichissante qui redonne un peu d’éclat et de brillance à l’atmosphère morose de février.                                                                                     

Sara Thibault

http://www.montheatre.qc.ca/archives/15-autres/2019/tangente_aime.html#critic

Rainblow

Je sors/Je reste

COUP DE CŒUR

Ce spectacle de danse contemporaine présenté par Tangente met en scène deux performances de différents chorégraphes basés à Montréal. Rainblow de Geneviève Jean-Bindley, qui assure la chorégraphie et aussi l’interprétation en compagnie de Gabrielle Bertrand-Lehouillier et Marie-Ève Dion, explore ce qu’une personne ressent vraiment lorsqu’elle souffre de dépression, le tout avec une esthétique rappelant le style du Magicien d’Oz. 18 Practices d’Andrew Turner est quant à lui un spectacle solo intégrant notamment de la vidéo et un côté théâtral. *Ce soir et demain à 20h et dimanche à 16h au Wilder, 1435 rue de Bleury

 

FRÉDÉRIC T. MUCKLE

http://www.journaldemontreal.com/2018/04/12/je-sors-je-reste-1

Dépression et dichotomie

Après la pause, Geneviève Jean-Bindley nous proposait Rainblow une chorégraphie autour de la dépression. Langage signé et expressif, cette jeune danseuse visite la noirceur de cette maladie très répandue. Tout au long de sa création, on sent un déchirement intérieur entre les tréfonds sombres et la surface. Elle possède un jeu de mains particulièrement précis et intelligent, toujours juste et compréhensible. Le titre de sa pièce est un sarcasme bien vu à la chanson Over the Rainbow de Judy Garland dont elle est justement accompagnée.

 

Jeanne Hourez

 

http://www.sorstu.ca/tangente-des-danses-buissonnieres-pleines-de-talent/

Face à l’incarnation de Dorothy, Geneviève Jean-Bindley nous présente Rainblow. L’arrangement musical de Carl-Éric Hudon débute par d’innocents chants d’oiseaux, nous amenant l’image d’une forêt pleine de magie. Dans ce décor, une jeune femme se cache derrière sa main gauche, tout en imitant de sa main droite un pistolet dirigé vers elle-même. Une entrée suicidaire te ironique. L’idée de faire face au autres et à soi-même nous envahit dès le premier mouvement. Tout au long de la pièce, elle aborde ce tourment par des mouvements expressifs et imagé en contraste à un visage à l’expression limpide et impassible. Elle joue avec la répétition et l’humour. On assiste à de la folie passagère, soutenue par la musique « over the rainblow » de Gudy Garland. Un contraste entre le monde fantastique, surréaliste et innocent de l’enfance, et les conséquences du poids émotionnel que peut engendrer une vie d’adulte. Une fenêtre de lumière est pourtant possible par l’action de trois coups de talons de ses chaussures rouges étincelante. Tout disparaît, on retrouve la paix.

Tiffanie Boff

http://www.dfdanse.com/article2161.html

Après l’entracte, c’est au tour de Geneviève Jean-Bindley de présenter Rainblow, son solo qui propose une mise en mouvement de la dépression. Chaussée de chaussures rouges à paillettes, traçant son chemin sur des briques de lumière jaune, la chorégraphe inscrit sa proposition dans l’univers du Magicien d’Oz. La Dorothy de Rainblow, à la moue boudeuse et au corps engagé, se jette à terre, se fait violence, partage son mal-être, sur fond de chants d’oiseaux et de «Over the Rainbow»: le résultat est doux-amer, entre le monde fantastique et la réalité brutale et destructrice. Une proposition à la fois dure et délicate dans laquelle on entre en se laissant toucher

 

Marine Morales-Casaroli

http://www.labibleurbaine.com/sorties/danses-buissonnieres-new-waves-2016-de-tangente-monument-national/

« Les lumières baissent. La salle s’apaise lentement.

"Parade" de Geneviève Jean-Bindley se matérialise a la vitesse grand V, en même temps le beat de Carl-Éric Hudon prend d’assaut nos oreilles encore engourdies par le silence.

Ça tombe dessus sans prélude, sans préliminaire. Deux corps nus baignés de glitters et de lumière crue, qui dans une symbiose mécanique, déversent sur nous un fleuve de mouvement aux référents – sexuelle? Tecktonik? Mécanique? Animal?

Les mouvements sont précis et hypnotiques sous le rythme fou de la musique, mais le cerveau à peine à assimiler ce qu’il voie. Les deux femmes se vautrent, se dandinent, tantôt évoquant une certaine sensualité, tantôt ressemblant presque une parade d’oiseau… Et BANG! Encore tétanisé par l’avalanche de mouvement, des plumes se forment en spectre multicolore derrière elles et elles se mutent soudainement en oiseaux – stroboscopique – du paradis. Le cerveau semble satisfait et alors qu’il tente de continuer à baver un sens artificiel à ce qu’il perçoit, il est trop tard, et tout glisse dans l’obscurité et le silence.

"Parade" est à l’image d’un documentaire de la BBC sous la méthamphétamine et une légère dose de mescaline. C’est une pièce qui s’adresse aux régions sombres qui peuple l’autre côté de notre enveloppe charnelle et c’est ça qui déstabilise. On ne s’en prend pas à la tête, mais aux sens, par un étrange tsunami de geste et de référent aux parades amoureuses. Tu restes complètement obnubilé par le rituel fou qui se déploie devant toi, incapable de les quitter des yeux, suspendu à leur corps alors que tu as l’impression que le tien baigne dans une mer de psychotropes.

"Parade" vous prend par le collet et vous donne une bonne claque en plein visage. C’est la raison pour laquelle j’ai tant apprécié ce bijou. Le concept est distillé au max, et le résultat est un petit diamant tranchant et au reflet magnifique et hypnotique.

Merci à Geneviève Jean-Bindley et Juliette Pottier Plaziat pour ce moment spectaculaire. »     

 

Mathieu Bibeau Leblanc

 

https://www.facebook.com/mathieubibeauleblanc/posts/1746637402271568?comment_id=1746639762271332&notif_t=comment_mention&notif_id=1466551839272120

PARADE

Sur les pas du spectateur

Sur mes pas en danse au Fringe; un tout petit tour satisfaisant

« Après une petite pause collation, retour pour découvrir "Parade" et " No mean yes". Deux chorégraphies de femmes interprétées par des femmes sur "la femme" au pluriel. "Parade" en levée de rideau pourra surprendre par la "légèreté" des costumes, mais vite, nous serons captivés par le propos chorégraphique dynamique. Ce propos, moi, je le vois sur les attributs, ceux montrés, ceux cachés, ceux exprimés et ceux utilisés. Six minutes, c'est court, mais l'impression, elle, est durable, grâce à l'intensité des mouvements et l'audace de ces deux jeunes femmes. La lecture du feuillet m'indique qu'après "PARADE" au Fringe, il y aura, de Geneviève Jean-Bindley, "Hot Dog" à la Zone Homa (le 10 août, me disent mes espions), et pas question de rater cela et je vous invite à faire comme moi. »      

 

Robert St

 

http://surlespasduspectateur.blogspot.ca/2016/06/sur-mes-pas-en-danse-au-fringe-un-tout.html

Géraldine et les Bananas Human Steps

BRBR en mode Sexy Cool

 la sélection de Gaëlle

L'artiste montréalaise Géraldine nous interprète la pièce "Tendance" en compagnie des Bananas Human Steps

 

Géraldine, c'est Géraldine et Navet Confit plus d'autres artistes invités pour l'occasion.

Les performances de Géraldine sont cagoulées, dansantes, folles. Donc pour tourner avec eux, on se devait de sortir la machine à boucane et les gels colorées. Et un peu de slow mo aussi quand même

Gaëlle

https://www.youtube.com/watch?v=j0Ra_rl_3wk

À l’affiche de la 3e Nuit émergente  Géraldine

L'auteure compositrice interprète, Géraldine, participera aussi à la Nuit émergente et présentera un spectacle qui promet d'être haut en couleur. « On a la chance d'être accompagnés par les Banana Human Steps, une troupe de danseurs contemporains qui est dirigée par Geneviève Jean-Bindley qui est une chorégraphe. C'est un concert qu'on a monté l'année dernière. On s'est inspiré de Sold-Out Capitalisme ».

 -On va être accompagnés par ces charmants danseurs cagoulés.

Géraldine

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/713165/artistes-nuit-emergente-sudbury

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